L'Auberge de Da Choca : Notes

Traduit de l'anglais par Erik Stohellou
© Erik Stohellou - 2009



§1. Selon B, il y avait un quatrième prétendant à la couronne d'Ulster. A savoir, Fergus mac Leide, roi de Line.


§6. B omet le second et le quatrième interdit; mais ajoute les trois suivants : " Un geis pour lui était (d'avoir) le cerf aux bois d'or devant ses chiens. Un de ses geasa était d'être mouillé par Cluain Finnabrach. Un de ses geasa était d'errer d'une province à l'autre."


§§8, 9, 1O - La triple division et la description des troupes de Cormac est de toute évidence imitée de la Tain bo Cualnge (Razzia des vaches de Cooley).


§12. Concernant Scenb et les arbres d'Athlone, voir le Glossaire de Cormac et les Annales des Quatre maîtres, éd. O'Donovan, A.D. 1536, p. 143.


§15. La "femme rouge" était une Badb, comme nous le voyons au §17. Concernant ces déesses du combat ou furies du combat voir Hennessy, Rev. Celt., I, 32, and Lottner ibid. 55. Leur apparition annonçait les batailles meurtrières ou la mort d'un homme renommé, Bugge The Home of the Eddic Poems, p. 188.


§16. Chanter des sorts en se tenant sur un pied, avec un oeil fermé, est un élément habituel dans la magie irlandaise. Ainsi, Lugh chante autour de l'armée irlandaise pour assurer son succès, Rev. Celt., XII, 98. De même dans le Bruden Da Derga (La destruction de l'auberge de Da Derga), LU. 86 32, Cailb chante sa prophétie funeste (en se tenant) "sur un pied et (en utilisant seulement). une main et (en ne prenant) qu'une respiration." Comparer aussi le DinnSenchas de Loch da Caech, Rev. Celt., XV, 432, dans lequel les trois cent hommes de Cicul viennent, chacun n'utilisant qu'un pied, une main et un oeil.


§17. L'apparition de la Badb au gué ressemble à la vision, selon Mac Craith dans sa Wars of Turlough, qui fut celle de De Clare et de ses troupes avant leur anéantissement : voir The Dublin University Magazine d'octobre 1834, p. 463.


§19. B donne une description développée de la jeune femme, cheveux, lèvres, dents, poitrine, flancs, avant-bras, cuisses, mollets et pieds.
On peut présumer qu'elle était la femme de Craiphtine et l'amante de Cormac, bien que ce ne soit expressément dit ni dans A ni dans B.


§22. A ce point les deux copies sont de toute évidence écourtées. L'archétype contenant sans aucun doute une description de la vision de Cormac.


§23. Concernant les femmes guerrières (bangaisgedaig, banamuis, banfeinnidi) voir Battle of Ventry, pp. 76, 77, et Lismore Lives, p. 361. En Europe elles correspondent aux polinitzi Russes. Concernant les Amazones germaniques, voir Bugge The Home of the Eddic Poems, p. 189, citant Golther Der Valkyrienmythus, pp. 7 ff.


§26. Pour la première bataille de Magh Tuiredh, au cours de laquelle meurt Derg, fils de Dolar, voir H. 2. 17, p. 90.


§27. Ici, B développe, à la manière bardique habituelle, la description du combat.


§30. A la place de "car c'était la fin de la journée, et ils étaient harassés et blessés" B contient "car leur troupes étaient harassées, et leurs lances comme leurs boucliers étaient brisés, et c'était la fin de la journée et le début de la nuit."


§31. B énumère les cinq autres Auberges, à savoir.
L'Auberge de da Ger (aussi appelée L'auberge de mic Cecht da reu) en Connaught,
L'Auberge de Brùadaig (lire Blai Brugad) en Ulster,
L'Auberge de Forgaill Manach près de Lusk, et dans un poème mnémonique (pour lequel il y a une meilleure copie dans Harl. 5280, fo. 49),
L'Auberge de da Berga sur le Dodder à l'est du Leinster, et
L'Auberge de Mic da tho aussi en Leinster. Voir Scél mucci Mac da thô, Irische Texte, I, 96.

Comme le poème mnémonique, sur les six Auberges, mentionné ci-dessus à été ramené à du charabia dans les Proceedings of the Royal Irish Academy, deuxièmes séries, vol. I, p. 253, il semble préférable de le reproduire ici tel qu'il se trouve dans le MS. H. 1. 17, ff. 7b , 8a . En voici une traduction littérale.

Les six Auberges d'Erin sans délai, qui existaient à la même époque.
Elles ne refusaient aucune compagnies violentes, elles étaient harmonieuses (et) tout aussi accueillantes.
L'Auberge célèbre de Da Berga dans le triomphant district de Cualu,
dans laquelle le cher Conaire mourut de la main du sauvage Aingcél ...
L'auberge de Mac di Tho - grand vacarme, où venaient les hommes d'Irlande:
Ensemble, ils consommèrent le porc et emportèrent (le chien) Ailbe.
L'auberge renommée de Da Choca - Elle fut prise aux Ulates d'égale férocité:
heureuse était la grande Auberge jusqu'à la mort de Cormac Conlongas.
L'auberge de Mac Cecht aux deux mains hautes (?) - Il n'y avait pas de serpent
dans le Connaught, à l'ouest était la maison - il n'y avait pas meilleure hospitalité.
L'auberge de Blai Brugaid - renom mélodieux - où séjourna la femme du blond Celtchar,
dans laquelle mourut Blai Brugaidh par la main de Celtchar aux cheveux jaunes.
L'auberge du grand Forgall Manach, à côté de Lusk, justement remplie;
Personne n'était ingrat envers lui, l'habile père de Emer.
Dans toutes les auberges - c'était la coutume - il y avait toujours un chaudron inamovible
qui fournissait la nourriture convenant à chaque personne.
Le juste chaudron avait l'habitude de cuire, quelle que soit la quantité dans ses flancs,
juste à point chaque part de tout aliment qui était dedans.
Au croisement de quatre routes bruyantes se trouvait chaque auberge honorée:
quatre portes à partir d'elle, par où chacun arrivait avec reconnaissance.
Tous les hommes d'Erin à leur tour, même s'ils étaient très querelleurs,
étaient en paix s'ils atteignaient les six Auberges.

L'affirmation que chaque Auberge, c'est-à-dire chacune des six Auberges ci-dessus nommées, était un asile pour les "red hand" (meurtriers) semble montrer que les anciens Irlandais avaient des institutions comparables à l'asylia des Grecs, et aux cités de refuge des hébreux. L'attribution du nombre (six) aux Auberges est peut-être une imitation du nombre de ces cités (Kedesh, Shechem, Hebron, Bezer, Ramoth-Gilead, et Golan). Il est probable que comme dans ces cités les meurtriers étaient logés gratuitement.


§32. A cet endroit dans l'archétype venait sans doute le poème décrivant le banquet donné par Da Choca, et qui a été publié par K. Meyer dans ses Hibernica Minora, p. 47.


§33. La description de la badb est plus développée dans B. Les détails sont de toute évidence suggérés par l'apparence de Cailb, dans le Bruden da Derga, LU. 86.


§34, 35, 36, 37 ces paragraphes sont absents dans A. Le passage corrompu à la fin du §34, doit, selon Strachan et K. Meyer, signifier quelque chose comme "et ils ne surent pas où elle alla ni d'où elle venait".


§39. B déclare Nes "fille de Feradhach Redweapon", et explique que Fergus donne son accord pour poursuivre son fils nourricier.


§42. Pour ce paragraphe, B contient trois quatrains, dans lesquels les druides de Medb prédisent la défaite de ses troupes face aux Ulates.
Dans B se trouve ici un paragraphe correspondant au §65.


§43 . Dans B les espions s'appellent Mod [lire Mog] Corb and Corb Gaille. Cette péripétie est suggérée par le Bruden Da Derga LU. 87, dans lequel le pirate Ingcél va espionner le palais dans lequel le roi Conaire attends sa mort sans en avoir conscience.


§46.B insère une description des deux camarades de Cormac, Illann Find et Dubthach Dael.


§50. Le paragraphe correspondant au §50 se trouve vers la fin dans B.


§51. B ajoute dix quatrains de Genann.


§53. For ro secher Strachan propose ro thocher "si bien qu'il tomba".


§55. B contient un paragraphe décrivant les sept feux allumés dans l'Auberge.


§57. Pour ce bref paragraphe, B a une longue description allitérative du combat, s'achevant par une comparaison. Une comparaison similaire, les guerriers robustes étant comparés à des chênes vigoureux, les guerriers jeunes et faibles à des arbres jeunes ou à des buissons, se trouve dans le Cath Ruis na Rig, éd. Hogan, p. 42.


§59. A partir d'ici, B diffère largement de A. Après avoir indiqué l'endroit où sont abattus Én, Fidach, Caindlech, et les deux Ons, il raconte un duel entre Cacht et Oilill Ardigach. A l'aube, Fergus vient à l'Auberge et Cacht le blesse avec une pierre. Fergus tue Cacht, et Cormac fait sa lamentation dans un lai. Puis Dubthach tue Buanann et Amorgen tue Maine. Un duel féroce s'ensuit entre Cormac et Cet mac Magach ; mais Corb Gaile survient et lui et Cet viennent à bout de Cormac. "Le Livre de Druim Snechta dit que Cormac fut décapité, et que Anluain mac Magach emporta sa tête à Athlone."
Alors Da Choca est tué, et le coeur de sa femme se brise à Loch Luatha.
Seuls quatre Ulates et six Connaciens survivent. Suamach meurt alors de douleur comme au §50.
Fergus, après avoir recherché son fils nourricier, parvient au cadavre de Cacht, il fait sa déploration dans un poème. Il découvre alors les corps de ses propres fils et de ses camarades, et rencontre Dubthach, Amorgen et Fiacha auprès du corps de Cormac. Il frappe ses paumes l'une contre l'autre, "et l'on dit que c'était des larmes de sang qui coulaient de ses yeux." Il demande à Amorgen comment Cormac a combattu, et le récit se termine avec une copie défectueuse de la lamentation de Fergus.

La version H. 3. 18, se termine sur une note (manifestement en provenance d'un autre récit) de la mort de Dubthach de la main de Fedlimid avec la fameuse lance appelée Luin Celtchair, à ce sujet voir LU. 95, LL. 267, O'Curry, Manners, etc., II, 324, et Hennessy, Mesca Ulad, pp. xiv, xv, 37, 39.


§61. Sur le livre de Druim Snechta, voir O'Curry, Lectures 13. Il est cité dans le Lebor na hUidre, 99 128, et dans le Livre de Leinster, 190e 19. Il est dit avoir été compilé au cinquième siècle. Credat Judaeus.


§69. Pour les larmes de sang, voir Cath Ruis na rig, éd. Hogan, p. 2, et Bugge, The Home of the Eddic Poems, pp. 123, 223.


§72. Le colophon dans H.1.17 est le suivant : Conidhi Bruidin da Cog[a] 7 Cath Muighi Deirg 7 Oigedh Cormaic Conloingis maic Conc[o]buir conicci sin. FINIT amen. Aedha o Dalaigh.



création : 30/08/2009