Jean Joubert


JE DORS LE FRONT OUVERT... Je dors le front ouvert, je me promène, Je dors, je suis la pierre et le feu, Etranger, familier, tombé de nulle part Comme en moisson les nielles de l'enfance. La terre en croix me fait des confidences... Je suis le fruit qu'on cueille et la feuille qu'on tranche; Je suis l'eau sous la dent plumeuse du moulin Et l'ombre rousse de la plus pauvre des servantes Que le jour vêt et que farde le vent. A l'aube, je suis dans la soute, Ami des rats, confident du voleur; Je suis la lampe et le doigt qui l'allège Et le soleil aux plages des prisons. Ai-je rêvé ? Me voici sur la place, Pointe de lance et gueule du canon: Je meurs debout, je termine une race. Mes amis ne m'ont pas connu. Je suis la palme et le vent qui la brûle Et la cendre sur l'eau posée comme un poème, Comme un poème né d'hier, le plus câlin, Comme une soeur imaginée dans la maison, Coupant le pain, versant le vin, comme un poème Né de la terre et déjà vieux qui boite au loin. Je suis l'été, la femme dans son lit Et son amant et sa grande douceur Et sa fatigue et la porte fermée Et son attente aux marches du matin. Je suis au feu l'aile qui se consume; Je suis au ciel l'aile recommencée, Dans le courant la grâce d'un éclair Et le buisson de lèvres du corail. Je suis, je vais, je me promène, Je dors le front ouvert dans un livre d'images Et, faucheur de midi, j'aiguise les vivants Pour leur apprendre à vivre et me donner raison. Les lignes de la main, 1955 Retour au sommaire
CHÂTELAINE Châtelaine, mon beau vouloir... Car tu te prétendais maîtresse D'un domaine d'ombre et de pierre Où ton corps était l'eau dormante, Au pied des tours, au creux des ombres, Beau châle vif à tes épaules Où s'épingle en rêvant l'éclair bleu des vipères. Châtelaine, mon beau savoir... Cartes mêlées, chemins perdus, Pas des oiseaux sur cette vase Comme un appel depuis longtemps jeté Qu'un inlassable écho porte de monde en monde. Châtelaine, mon beau mourir... Puisque n'entre plus que blessée La voix des filles du soleil Dans la prison que tu me tresses. Je te parle dans ce château D'ombre et de pierre, je te parle, Surpris de guetter sur les dalles Le pas calme et troublant de tes servantes nues. Les lignes de la main, 1955 Retour au sommaire
NOCTURNE II Qui vient frapper aux voûtes du sommeil ? Qui se dévêt des robes de la terre ? Quelle tiédeur se glisse sur ma chair, Cherchant ma bouche, effaçant mon visage ? Et quel silence assaille mon vertige ? Pourquoi la neige ? A quelle ensevelie Cette main captive aux pièges du lit, Qui se dérobe et fuit au chant du coq ? Etait-ce toi ? Je n'ai pas reconnu Ton pas, ton souffle et ta bouche peureuse. Voici le jour et cette visiteuse Invisible emplit la chambre fermée, Cette dormeuse immense qui m'occupe, Use mon temps et tourmente ma voile: Ciel interdit dont tu n'es qu'une étoile, Mer soulevée où ta vague se perd. Poèmes d'absence, 1959 Retour au sommaire
Encerclés, non par des flammes d'où jailliraient le coq, le cuivre, l'orchidée, éclatants même si mortels, mais par quatre glaciers où glissent sous le verre les formes repliées de ceux qui bâillaient au soleil dans l'oxygène fou des cimes et tombèrent jadis, empêtrés dans leur cri, jusqu'à ce siècle qui prolonge le brusque affolement du regard: chrysalides portées par cette veine pure à notre seuil de silence et de froid. La souterraine, 1961 Retour au sommaire
FRAGILE Celui qui festoyait aux tables du soleil A mordu dans la glaise étroite du tombeau, Celui qui déchiffrait le langage de l'eau Meurt d'une étrange soif aux plages sans sommeil, Celui pour qui l'amour était grâce première Alliant à la chair un parfum de lilas Dérive lentement aux sables des deltas Vers le partage et la fureur aux nuits de mer, Celui qui promettait ne s'est pas retourné, Celui qui savait vivre oubliait son destin Et qui se croyait juste a laissé le chemin, S'égare souriant vers les lances dressées. L'eau des fontaines fuit une terre débile Que fuient la feuillaison, la colombe et le cerf. Le vent bâtit ses cathédrales de poussière, Bras nus, dans les faubourgs fantomes d'une ville. Et si l'amour déploie sur le lit dévasté Son beau trésor de pluie, ses gestes de printemps, Sa faiblesse et sa force, aux portes des amants, La lampe basse file et les loups sont postés. Poèmes d'absence, 1959 Retour au sommaire
MAREE La vie se retire, Tire ses galets: Par cette marée Le désert empire. Epaves, larcins, Monstres affalés, Feuillages brûlés Des arbres marins S'entassent, s'emmêlent Dans les plis salés Du sable léché Par l'ennui du jour. L'ombre défendue. Le chant qui défaille. Une coque bâille Au vent qui la tue. Le soleil dévore De pâles méduses. La mer au loin s'use En jeux incolores. Trop tard si la force Un instant perdue S'amasse et reflue Vers la rive sèche: La vague ne sent A ses lèvres bleues Que le baiser creux De mille ossements. Poèmes d'absence, 1959 Retour au sommaire
LA BOUCHE Bouche qui fus la fleur de nos glaciers, seule présence écarlate en ce lieu où ne neigeaient que lumière et que chaux, oiseau de braise et rose déchirée, torche où veillait une furtive flamme dans le silence irrité de la nuit: à d'autres vents se creuse ton baiser, pour d'autres yeux tu brûles, tu fleuris, tu vas soufflant promesse de brasier, tandis que nous comptons dans la pâleur du jour que lèche une langue de pierre le peu de biens que nous laisse l'hiver. Campagnes secrètes, 1963 Retour au sommaire
Ébranche ton orgueil, réduis le geste, ne t'emploie qu'au brisement des terres les plus noires et n'oublie pas d'enclore, d'irriguer. Que ta main fasse voeu de connivence, que la racine ait ta complicité et le feuillage aux cimes ta louange. Ta pauvreté se vêt de transparence, ton ombre suit l'ombre de toute sève. Muet, tu cries. Pesant, tu te délivres. Seul, te voici de ruches habité. Tu tiens au doigt la lumière du monde. Saison d'appel, 1973 Retour au sommaire
Un coup d'épaule de la nuit. La forêt lâche ses vieillards au long des sentes, bâille, s'étire et fait craquer l'ossature des lianes. Qui parle ? Chevaux cabrés, crinières, chevelures écument l'air moisi de mousses et de brumes. L'oiseau ricoche de feuille en feuille et se fige, statue de bronze éteint et griffant une branche. La grande peur lisse l'échine d'un renard qui sèche au vent le sang de son museau et s'étonne de cette contagion rouge dans les nuages. Qui parle sous l'écorce, la boue ? Quelle bouche étouffée par des chevelures ? Aux berges du bayou la lune se baigne comme une fille de maître, blanche et nue parmi les servantes. Campagnes secrètes, 1963 Retour au sommaire
Eparpille, cherchant le lieu d'asile, l'ordre fermé, le centre où se dissout la meute de poussière - tu tournoies. Quel messager ? Le feu, la nuit, la pierre, l'arbre fige ou bien l'oiseau fuyant son propre cri dans le déluge de lumière ? - alors insaisissable, qui lacère le visage mêlé au froid de sa dérive. Dans le grand jour panique se dispersent l'arbre, le feu, la terre délitée... Saison d'appel, homme sans ombre, glorieuse, épouvantable clarté. Saison d'appel, 1973 Retour au sommaire
Le visage que tu portes, où tu caches sous la peau de farouches animaux qui rodent dans les clairières, arrache-le ! Tu retrouves sous la ténébreuse image la nuit d'un autre visage qu'il faut encore déchirer. Et de visage en visage, arrachés et déchirés, lèvres noires, plaies figées au rivage du miroir, tu gagnes ta propre images ta demeure d'écorché où des griffes de clarté poussent d'étranges ravages: beau visage de vivant, camaïeu d'os et de nerfs, forêt de veines, d'artères où battent les tambours du sang. Oniriques, 1964 Retour au sommaire
Ton corps est dispersé dans les éclats de pierres, ta bouche est dans le fleuve et ta main sur la rive, la terre à ton parfum de sueur en ses forêts. - Paysans, dites-moi comment passer le fleuve où flotte entre les joncs ce sourire noyé. - Le fleuve est peu profond, mais vois la main de Dieu. Vers les granges s'enfuient les deux ombres de paille, courbées avec des cris d'ongle contre le verre. Car dans le ciel soudain naissent des bijoux creux, des fouets, des larmes d'or, des insectes brûlants, la tempête cuivrée d'une crinière en feu. Puis tombe le tranchant d'une nuit souterraine où je m'égare et tremble et m'enracine tandis que l'eau gravit, pieds nus, ces champs de laine. Dans l'espace rongé de ma gorge à ma bouche, dans le temps ralenti de mon coeur qui se noie, saurai-je si la nuit est notre nuit de noces ou la dérive à tout jamais sur les deltas. Oniriques, 1964 Retour au sommaire
Ce qui crie dans l'espace transparent du gel, dans cette nuit de verre épais qui tient captifs les arbres et les rocs, les ossements de sel et les bêtes couchées qui tremblent sous les ifs, ce qui crie par-delà l'éponge des soupentes, l'ordre des tuiles, l'humble raison des murs n'est pas la mort feutrée glissant à la fissure, collant sa bouche aux bouches des démentes, mais, déchire, le bel oiseau nocturne, en ses jardins, livrant au froid désert son coeur violent sous la poignée de plumes. Et c'est la vie qui veille quand tout meurt puisque je veille et que je sais l'entendre, les mains croisées sur ma gorge poreuse qui lentement s'irrigue de son cri. Oniriques, 1964 Retour au sommaire
L'ange de verre est descendu, l'oiseau géant, la sentinelle des brouillards, et le sommeil d'amour en fut voilé, l'ombre de l'aile troublant l'eau des seins légers sur le sable entrouvert. Insaisissable cri sur une bouche où rage la tempête de plumes, et déjà voici l'heure et la rosée pesante où se séparent jour et nuit, chair et cristal. Un soleil bleu s'accroît. L'ange de verre emplit les chambres nues, griffes serrées sur les épaules des amants qui se délient. Dans le jardin, rampe sur les terrasses, comme un grand félin noir, échevelé, l'odeur très pourrissante de l'automne. Saison d'appel, 1973 Retour au sommaire
Ainsi je fus, dans cette nuit d'exil, prison et prisonnier et lueur à la fissure, indéchiffrable signe en moi-même gravé, exilé dans mon corps, dans ce fuseau de pierre, oisif et prisonnier de lianes et de nerfs, aveugle, traversant une secrète nuit de bêtes enlacées, d'insectes et de dards, où s'effrite la pierre, où s'usent le regard et la bouche et le coeur à des limes funèbres, m'alourdissant de tous mes songes, terrassé par des meutes sorties de l'eau, dont les abois cernaient, traquaient les gestes et les voix. Je poursuivais un souvenir de branche et de neige, un souvenir d'oiseau volant bas dans le silence pourpre d un ciel pulmonaire, sur un rivage où neige, branche, oiseau n'étaient que l'ombre exsangue et plus lointaine d'une beauté violente en fuite sur les eaux. Oniriques, 1964 Retour au sommaire
Ne songe plus à cet oeil de lumière, aux neiges bleues par-delà les forets, derrière l'ombre où bougent des crinières, mais vois plutot cette main désarmée près de ta main, cette bouche légère, et la couleur des regards étrangers, et la couleur des robes et des rues, d'un soleil d'homme où déjà tu te perds, déjà renais de te savoir perdu. Ainsi se rompt la glaise qui t'enserre. Défait de toi, perdu, tu vois germer contre tes mains comme un oeil de lumière, Corps désarmé à la merci des arbres, 1965 Retour au sommaire
Comment te repousser, lumière noire qui monte en nos vergers si faussement complices du carnage ? Nous devisons de neige, de clarté. Pourtant l'intruse pétrifie. L'orfraie se fige à la plus sèche branche, le fruit se fend avec un bruit de mort. Un mot à dire encore, une question posée dans la nuit d'une chambre par la servante jeune qui déjà s'éloigne entre les murs, et notre main levée, traçant un signe obscur et la pluie suspendue qui nous effacera. Saison d'appel, 1973 Retour au sommaire
PIERRE LEVEES SUR LES JARDINS DE SABLE Entre la paix de ces montagnes, l'incertitude du désir, l'entrée des robes, la chute des linges sur les dalles, cette ombre figure un cheval cabré la mort. * Pierre changeante. Lorsque tu entres, c'est un tournesol. Bouge un peu: c'est une figue puis une roue, un paon, une maison fermée la nuit, une maison ouverte à l'aube, un corps ensoleillé. Quand tu atteins le mur du Nord, c'est un tigre. * La pierre cloîtrée, il faut la voir ainsi et que nulle ombre ne te distraie de sa blancheur. Un arbre au loin s'efface. La lumière s'amasse à la pointe du sein. La nuit viendra, la nuit, mais d'un pas si feutré que tu l'oublies. * Sept pierres levées, sept: les livres l'affirment. Pourtant, où que tu sois, tu n'en vois que six. L'une t'échappe tour à tour, la septième. Les six pierres sont belles mais tu ne peux cesser de croire que la grande beauté serait de sept pierres. La septième t'occupe. Bientot ta vie va en dépendre. Prétexte infini à rêver et à souffrir. * Rugosité, paraphe des volcans, éclatement du gel. Les nerfs s'accrochent, tissent la toile. Ailleurs, l'envol de l'eau du marbre: la fascinante mort immobile. * Dans ce jardin délivré de la sève, de la naissance et de la mort, sur l'étroite voie calcinée, le léger fantome des fleurs. * Une face très sombre, opaque. Sur l'autre, la transparence d'une jeune chair. Une fissure. Au fond, le battement bleu d'une veine. * Tu es dans ma mémoire l'horloge, la cambrée: obsidienne tendue sur les jardins nocturnes où le sable fuyait léger, laissant à nu la roche mère. Saison d'appel, 1973 Retour au sommaire
LE DOUBLE FROID Demande, efforce-toi, bien que l'orgueil te tienne comme le gel tient la terre alors vêtue de glace, d'anathèmes. Supplie le vent, implore qu'il desserre le double froid, la trompeuse splendeur. L'infime croît, le rouge-gorge est le pardon du jour. Dénouée, à contre-nuit, une robe enchante le ciel. Vaste est la joie ou le chemin se perd. L'arrière-saison, 1993 Retour au sommaire
LA TRACE Approche de ta main la feuille blanche: brume étale sur la prairie, plaine de neige où va s'inscrire le pas de l'errant, le sillage de sa fatigue, ou bien le lac, cette eau de lune où tremblent des reflets qu'un vent de nuit tord et disloque. Écoute, penche-toi et lève un peu, du même geste, ta main veinée de noir puisque la lampe veille, qu'elle partage ombre et clarté et tente une frontière toujours poreuse. Au loin, dans le silence, un faible pas résonne, trébuche, hésite puis s'éteint sur la colline. Que reste-t-il à dire ? Tout, rien: double et même vertige. Pose pourtant la pointe de la plume sur la brume, beau, la neige. Attends le signe que le destin diffère. Étroit le temps, menue la trace comme d'insecte sur le sable. La main de feu, 1993 Retour au sommaire
LE MOT Que criait l'invisible bouche ? Quelle gorge gonflée de pluie soufflait dans l'ordre sec l'appel ? L'homme de nuit l'oiseau dans le creuset fondus, unique alors et sur l'arbre dressé, que cherchait-il, le coeur tendu, de ses ailes de rose? (Silence clos, piège d'un astre à l'heure de l'envol.) Toujours la quête, l'embuscade, et, sous le cri lunaire, le fil ardent, le trébuchet des morts. Que d'un remords comblé, que d'un essor le vent nous arrache et nous porte au feu de l'arbre, à son mépris, à l'extrême loi de la sève: lieu sans ombre, langue légère, libre de l'ossement, et qui soudain profère, eau vierge et reconnue, le mot. Forêt natale, 1974-1975 Retour au sommaire
LA TOUR Dans tes rêves tu as longtemps gravi une muraille à l'intérieur d'une tour, un escalier de plus en plus étroit puis rien que des fissures où s'accrocher des ongles pour s'élever un peu encore un peu encore avec une terrifiante lenteur jusqu'à ces pierres lisses où, tâtonnant d'abord, tu te figes le dos au gouffre. Que cherchais-tu ? Nul souvenir là-haut d'une lueur ni d'un appel, ou bien cela fut oublié. Il fallait monter, rien de plus, et rien n'était promis sinon toujours l'attente et le vertige. Tu ne rêves plus ce rêve. A vrai dire, tu ne rêves plus. Tu n'as pas renoncé pourtant, même si ta force sans doute s'amenuise, ou peut-être fallait-il une autre force qui ne te fut pas accordée. Cette tour doit bien se situer quelque part, une très haute tour dans un désert que ne mentionnent ni les livres ni les cartes. La main de feu, 1993 Retour au sommaire
INVISIBLE elle approche ses mains de mon visage ses mains nues comme le vent. Elle cherche du doigt ma bouche mes paupières elle écrit sur mes lèvres son nom de sang. J'attends l'averse blonde, l'orage, l'embellie. . . Rien d'autre que ses mains qui volent sous la lampe. Son corps est de l'autre coté de la terre, de l'autre coté du temps. La main de feu, 1993 Retour au sommaire
CARRIÈRES DES BAUX à Irwin Heyn Cette fêlure, cette fissure dans la pâleur du roc, est, nous dit-on, l'entrée du labyrinthe, non pas porte velue, gouffre denté qui broie les corps aventureux mais corridor taillé par le couteau géant des ruches ouvrières: piliers de rêve sans raison et presque titubants, si bien que la blancheur y joue avec le gris, le noir déjà qui nous aspire. Un fil de feu nous guide, un souffle pur dont le parfum dissout la crainte de la Bête. Non pas ici la mort mais le tissu de la lumière. Et nous allons portés par le silence dans l'oubli. Qui règne au centre ? Quelle ombre qui nous tend des bras, des lèvres invisibles ? La main de feu, 1993 Retour au sommaire
CAVALIER DE BRUME Ce que tu vois, ce que tu bois, ce qui frole ta paupière, pèse dans ta main, s'allège, ce qui te lisse, te ploie, ce qui gronde puis s'apaise, ce qui lèche le feuillage, fend la graine, la partage, ce qui parle a ton oreille et ne dit rien que le vent, ce qui glace, ce qui brûle, ce qui te vêt, te dénude, c'est le sang et c'est la chair de l'oublié, du cavalier de brume. La main de feu, 1993 Retour au sommaire
II n'y a plus ni rose ni visage Vitrail saisi par l'ombre d'une main et la robe toujours est silence et veuvage Si transparent fut le matin si nu le bras dans ses roseaux de rêve que j'y voyais louange de lumière courant de beauté droite entre les seins église rose et grâce du jardin Au creux des pluies au creux d'arbre masqué la langue bleue siffle la flétrissure Je sais l'autre versant l'inexplorable Nord puisque l'oeil égaré conjugue la morsure (Ainsi parfois sur une bête pendue aux branches la mort soudain renverse son visage) L'été se clot, 1975 Retour au sommaire