La Mort tragique de Curoi Mac Dari

Aided Conroi Maic Dairi
Yellow Book of Lecan
Version II

Traduit de l'anglais par Erik Stohellou
© Erik Stohellou - 2011



1. Pourquoi les Ulates ont-ils tué Curoi fils de Dari ? Ce n'est pas difficile. A cause de Blathnat fille de Mend qui fut ramenée du Siège des Hommes de Falga, à cause des trois vaches de Iuchna et des trois hommes d'Ochain, c'est-à-dire les petits oiseaux qui se trouvaient habituellement sur les oreilles des vaches, les vaches de Iuchna elles-même, et un chaudron fut rapporté avec les vaches, c'était leur veau. Trente vaches, c'était la portion du chaudron, et il était rempli de lait par leur traite à chaque fois pendant que les oiseaux chantaient pour elles. C'est pourquoi Cuchulainn dit dans le Siabarcharpat

Il y avait un chaudron dans le château:
Le veau des trois vaches
Trente vaches dans sa gorge.
C'était sa portion.

Elles étaient habituées à se servir du chaudron.
- Agréable était la lutte.
Jamais elles ne s'éloignaient de lui
Tant qu'elles ne l'avaient rempli.

Il y avait beaucoup d'or et d'argent en lui,
Ce fut une bonne trouvaille.
J'emportai ce chaudron
Avec la fille du roi.


2. Curoi fils de Dari vint avec eux pour le siège, et ils ne le reconnurent pas, c'est-à-dire qu'ils l'appelaient l'homme dans un manteau gris. A chaque tête qui était rapportée du fort, "qui a tué cet homme ?é disait Conchobar. "Moi et l'homme dans le manteau gris," répondait chacun à son tour.

3. Quand, cependant, ils furent à partager le butin, ils ne donnèrent pas une part à Curoi, car il ne lui fut pas rendu justice. Ils courut au milieu des vaches et les rassembla devant lui, réunit les oiseaux dans sa ceinture, et mit la femme sous une de ses aisselles, et ils s'éloignèrent d'eux (des Ulates), il partit avec le chaudron sur son dos. Et nul parmi les Ulates ne put s'entretenir avec lui en dehors du seul Cuchulainn. Il (Curoi) se retourna contre ce dernier, et le projeta dans le sol jusqu'aux aisselles; et il rasa ses cheveux avec son épée, et frotta sa tête avec de la bouse de vache, puis il rentra chez lui.

4. Après cela, Cuchulainn fut une année entière à éviter les Ulates. Un jour, cependant, alors qu'il était sur les pics de Boirche, il vit un grand vol d'oiseaux noirs venir vers lui par la mer. Il tua immédiatement l'un d'entre eux. Après cela, il tua l'un des oiseaux dans chaque région [qu'il traversa] jusqu'à ce qu'il atteigne Srub Broin à l'ouest de l'Irlande, c'est-à-dire, de la tête qu'il coupa à l'oiseau noir, de là est nommé Srub Broin depuis lors. Ceci arriva à l'ouest de la forteresse de Curoi; et alors il sut que c'était lui qui lui avait porté honte; et il tint une conversation avec la femme (Blathnat), car il l'avait aimé avant même qu'elle ne soit emmenée par delà la mer; elle était la fille de Iuchna, le roi des Homme de Falga, c'est-à-dire qu'ils étaient un "mur de mer" dans les îles de la mer. Il lui donna un nouveau rendez-vous dans l'ouest pour la nuit de Samain. De plus, une province des Erainds se mit en route pour aller avec Cuchulain. C'est ce jour-là quel donna un conseil à Curoi, à savoir, qu'une forteresse splendide devrait être construite par lui pour sa ville, à partir de chaque pierre dressée ou couchée en Irlande. C'est le Clan des Dedads qui sortit en une journée pour la construction de la forteresse, si bien qu'il était tout seul dans son fort ce jour-là. Voici quel était le signal convenu entre elle et Cuchulainn, à savoir, verser le lait des vaches de Iuchna dans la rivière en direction des Ulates, de sorte que la rivière serait blanche quand elle serait en train de le (Curoi) laver. Ainsi fut-il fait, et la rivière devint "Findglais".

5. Elle cherchait alors sa tête devant la forteresse. "Viens dans la forteresse," dit-elle, "que tu sois lavé quand les gens reviendront avec leur fardeau." Juste à ce moment-là, il leva la tête et vit l'armée d'Ulster venir vers lui le long de la vallée, tant à pied qu'à cheval. "Qui sont ceux-là là-bas, femme?" dit Curoi. "Ton peuple," dit la femme, "avec des pierre et des chênes *** pour bâtir la forteresse." "Si ce sont des chênes, ils voyagent rapidement; c'est un triomphe, si ce sont des pierres." Il leva de nouveau la tête. Il continua à les observer (?). "Qui sont-ils?" dit-il. "Des troupeaux de bêtes et du bétail," dit-elle.


"Si c'est du bétail, et il peut y avoir du bétail,
Ce n'est pas un troupeau de vaches maigres.
Il y a un petit homme brandissant une épée
Sur le dos de chaque vache."

6.Sur ce, il rentra à l'intérieur, et la femme le lava, et elle attacha ses cheveux aux colonnes et aux montants du lit, et sortit l'épée de son fourreau, puis ouvrit en grand la forteresse. Il n'entendit rien cependant, jusqu'à ce que les hommes aient envahi la maison autour de lui, et lui soient tombés dessus. Il se dressa aussitôt contre eux, et tua une centaine d'entre eux à coups de pieds et de poings. Le gardien qui était à l'intérieur se leva contre eux et tua trente de leurs héros. De cela il fut chanté :


"Bien que le meilleur des princes,
Il fut tué au jeu du combat,
Il occit trente hommes armés,
Puis il se laissa abattre."

7. A son cri, Senfiacail arriva le premier, d'où il fut dit :


"Senfiacail vint ***
Il tua une centaine d'hommes de l'armée.
Quoique grande la puissance de son combat
Il reçut la mort par Cuchulainn."

Cairpre Cuanach arriva sur eux :


"Cairpre Cuanach arriva sur eux.
Il tua une centaine d'hommes, une vigoureuse rencontre,
Il s'en serait pris à Conchobar,
Si la mer pleine de monstres ne l'avait noyé."

Cela signifie que tandis qu'il luttait avec Conchobar, il vit sa forteresse en flammes au nord de la mer. Si bien qu'il s'avança dans la mer pour la sauver. Il fallait nager longtemps, et là il se noya.


"La lutte d'Eochaid fils de Dari
Du promontoire jusqu'à la vallée.
Il tua une centaine d'hommes, ce fut un haut fait.
C'était pour venger son bon roi."

8. Ce fut alors que le Clan des Dedas se débarrassa de chaque pierre de pilier qui était debout ou couchée en Irlande, quand ils entendirent les cris, et vint au massacre près de la forteresse, d'où il est dit:


"Après cela vint le Clan des Dedas
Cherchant leur roi pour***
Cinq vingtaines et trois cents.
Dix centaines et deux milliers."

9. Alors, cependant, qu'ils étaient en train de s'entretuer près de la forteresse, et que Cuchulainn coupait la tête de l'homme, et que la forteresse était en flammes, Ferchetne, le poète de Curoi, était auprès de ses chevaux dans la vallée, et il dit:


"Qui est le jeune homme qui ***
Auprès de la forteresse de Curoi ?
Si le fils de Dari était vivant,
Elle ne brûlerait pas."

Fer Brecrach, cependant, s'était rendu à Cairpre, fils de Conchobar, et il alla dans son char avec lui. Il mena les chevaux contre les rochers, et les rochers écrasèrent tant les chevaux que les hommes, d'où il est dit:


"Fer Brecrach ***
Peut-être n'est-ce pas mensonge que tu dis ?
Il mena Cairpre fils de Conchobar
Sous les vagues de l'amer océan."

10. Alors Ferchetne vint. "N'es-tu pas Ferchetne ?" dit Conchobar. "C'est moi, en effet," dit-il. "Est-ce que Curoi était bon pour toi ?" dit Conchobar. "Il était bon, effectivement," dit-il. "Dis nous quelque chose de sa bonté. *** *** "Je ne peux pas en ce moment," dit-il. "Mon coeur est triste après le meurtre de mon roi, car ma propre main me tuera, si nul autre ne me tue !" Alors Ferchetne le poète dit : ***


[*** R.I. Best n'a pas traduit les §11 et §12]


13. "C'était un don royal," dit Conchobar. "Ce n'était rien venant de lui," dit Ferchetne. "Où se trouve donc Blathnat ?" dit-il. "Elle est ici," dirent les jeunes gens, "après avoir coupé la tête de Curoi comme prix de sa liberté."

14. Après cela, elle fut écrasée contre le rocher, c'est-à-dire le promontoire de Cenn Bera. Car Ferchetne se précipita sur elle et l'attrapa entre ses bras, si bien que ses côtes se brisèrent en elle; et il la précipita au bas de la falaise avant lui, si bien que le rocher les écrasa tous les deux, et leur tombe est sur la rive sous le rocher. De cela il fur chanté:


"Triste fut la lutte commune
De Blathnat et de Ferchetne,
Et leurs tombes à tous deux se trouvent
Dans la terre vigoureuse de Cen Bera."

15. Néanmoins entre eux le massacre s'accentua chaque jour, de Samain jusqu'au milieu du printemps. Les Ulates firent le compte de leur propre clan, qui allait et venait, et ils perdirent la moitié ou le tiers de leurs héros, comme fut dit:


"Blathnat la fille de Menn fut tuée
Dans le massacre au-dessus de Argat-glenn.
Un grand fait pour une femme de trahir son mari.
Depuis c'est ***."

Donc, voici la mort tragique de Curoi.

Finit.



© Erik Stohellou - 2011
Sources : R.I. Best, Ériu 2



  Summary