Traduction Erik Stohellou
© Erik Stohellou - 1998
La traduction du Gododdin ou Canu Aneirin pose aux spécialistes du brittonique de nombreux problèmes d'interprétation ainsi qu'on peut le voir ci-dessous en comparant les différentes versions tant anglaises que françaises de la stance (awdlau) VIII.
L'observation des stances en langue galloise permet par ailleurs de noter l'emploi de la rime finale, mais dans le même temps une large utilisation des assonances et des allitérations que la traduction ne peut toujours rendre.
La traduction que nous proposons sur ce site ne prétend pas être une traduction parfaite du Gododdin d'autant qu'elle ne repose pas sur le texte gallois, mais sur la version en langue anglaise donnée par Joseph Clancy dans son livre The Earliest Welsh Poetry. Son objet est simplement de permettre au lecteur de langue française d'avoir accès à l'intégralité du poème attribué à Aneirin et d'ainsi donner à lire l'un des plus beaux poèmes de l'héritage européen.
Gododdin était un royaume situé dans le nord de l'Angleterre (est de l'Ecosse au sud du Forth et une partie du nord-est de l'Angleterre). Le poème est attribué au barde Aneirin et, en cent trois stances, fait la louange des hommes qui combattirent les Saxons pour protéger le royaume de Mynyddawg (environ 600 ap. JC). Des héros célébrés dans ce texte, seuls Cynon, fils d'un homme d'Edimbourg, vivant à Aeron (Ayrshire ?) et Gwlyged, sans doute l'intendant de Mynyddawg sont connus. Deifr (Deira) se situait dans le Yorkshire à l'est des Pennines et Brennych (Bernicia) se trouvait sur la côte, du nord jusqu'au Berwickshire. Catraeth correspond probablement à la ville de Catterick dans le North Yorkshire.
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VIII |
Les hommes allèrent à Catraeth : leur armée était prête. Leur festin était d'hydromel nouveau, mais c'était du poison. Trois cents, par ordre, en ligne de bataille. Après le tumulte, il y eut le silence. Bien qu'ils allassent à l'église faire pénitence, la mort à qui nul n'échappe vint à leur rencontre. |
Ceci est le Gododdin : c'est Aneirin qui le chanta.
Le GODODDIN
Aneirin
I
Ardeur d'un homme dans la jeunesse,
Courage pour le combat :
Rapides étalons à l'épaisse crinière
Sous les cuisses du superbe adolescent,
Large et léger bouclier
Sur la croupe d'un svelte destrier,
Lames bleues étincelantes,
Vêtements bordés d'or.
Il n'y aura jamais
D'acrimonie entre nous :
Bien plutôt je ferai de toi
Des chansons louangeuses.
La terre baignée de sang
Avant la fête nuptiale,
Nourriture pour corbeaux
Avant les funérailles.
Un juste camarade, Owain ;
Exécrable, son manteau de corbeaux.
Epouvantable m'est ce sol,
Abattu, le fils unique de Marro.
II
Couronné, devant à tout instant,
Sans voix devant une femme, pourvu d'hydromel.
Il rompit le bord de son bouclier, en entendant
Le cri de guerre, il n'épargna aucun de ceux qu'il poursuivait.
Il ne quittait pas un combat avant d'avoir le sang
Versé, comme roseaux il taillait les hommes qui
n'avaient pas fui.
Dans les palais, Gododdin le raconte, ne vinrent
Devant la tente de Madawg à son retour
Qu'un seul homme sur une centaine.
III
Couronné,
gardien de la frontière, habile aux pièges,
D'un
aigle des mers, sa course, quand il s'animait,
Son
alliance était maintenue sans faille.
Il
accomplit ce qui était prévu, sans déroute,
Devant
l'armée de Gododdin ce fut la fuite,
Forte
poussée pour le pays de Manawyd.
Il
n'épargnait ni cotte de mailles ni bouclier ;
Nul
ne pouvait, d'hydromel il était nourri,
Se
garder des coups de Cadfannan.
IV
Couronné,
toujours devant, fureur du loup,
Portant
perles d'ambre, colliers, sa part
Etait
d'ambre coûteux. Pour des coupes de vin
Il
repoussa l'attaque, abreuvé de sang.
Bien
que soient venus les hommes de Gwynedd et de
Gogledd
Sur
le conseil du fils d'Ysgarran,
Les
boucliers furent réduits en pièces.
V
Couronné,
toujours devant, armé pour le combat,
Avant
sa mort, redoutable dans la mêlée,
Champion
chargeant à la tête de l'host,
Cinq
compagnies tombèrent sous sa lame.
Des
hommes de Deifr et de Brennych, deux milliers
Epousèrent
leur destinée en une seule heure.
Avant
le mariage, nourriture de loups.
Avant
l'autel, morceau de choix des corbeaux.
Avant
ses funérailles, le champ baigné de sang.
Pour
l'hydromel dans la grand-salle, une centaine
d'hôtes.
Tant
que les chants dureront, Hyfaidd Hir sera célébré.
VI
Des
hommes vinrent à Gododdin, aimant à rire,
Implacables
dans la bataille, chaque lame à sa place.
Une
brève année ils furent sereins, en paix.
Le
fils de Bodgad pris sa revanche en main.
Malgré
les pénitences dans les églises,
Anciens
et jeunes, humbles et nobles,
Vrai
est le récit, la mort les atteignit.
VII
Des
hommes vinrent à Gododdin, guerriers rieurs,
Sauvages
dans l'assaut de la troupe guerrière,
En
rangs serrés, ils tuèrent avec l'épée,
Rhaithfyw,
cœur généreux, soutien d'armée.
VIII
Des
hommes vinrent à Catraeth, ardente troupe
guerrière.
Hydromel
clair leur portion, c'était poison.
Trois
cents en ordre pour la bataille.
Puis
les festivités passées, silence.
Malgré
les pénitences dans les églises,
Vrai
est le récit, la mort les atteignit.
IX
Des
hommes vinrent à Catraeth, troupe nourrie
d'hydromel,
Grande
la disgrâce si je ne les célébrais pas.
Avec
de grandes lances pourpres, gainées noir,
Sévères
et inébranlables les chiens de guerre
bataillèrent.
De
la troupe de Brennych, j'ai peine à le supporter,
Je
laisserais un seul homme vivant…
J'ai
perdu un ami, qui m'était loyal,
Ardent
au combat, le perdre me navre.
Il
n'avait pas de désir d'une dot,
Le
jeune fils d'Y Cian, de Maen Gwyngwn.
X
Des
hommes vinrent à Catraeth à l'aube :
Ayant
fait fuir toutes leurs frayeurs.
Trois
cents affrontèrent dix milliers.
Ils
teintèrent leurs lances du rouge du sang.
Il
tint ferme, le plus brave dans la bataille,
Devant
les hommes de Mynyddawg Mwynfawr.
XI
Des
hommes vinrent à Catraeth à l'aube :
Leur
grand cœur abrégea l'empan de leur vie.
Ils
burent l'hydromel, doré et doux, ce leurre ;
Une
année les bardes furent joyeux.
Rouges
leurs épées, laissons les lames
Souillées,
blancs boucliers et lances à quatre pointes,
Devant
les hommes de Mynyddawg Mwynfawr.
XII
Des
hommes vinrent à Catraeth au matin.
Il
rendit assurée la honte des armées ;
Elles
rendirent nécessaires les cercueils.
Les
plus sauvages lames de la Chrétienté,
Il
établit, pas d'appel à la trêve,
Un
chemin de sang et la mort pour ses ennemis.
Lorsque
Neirthiad était en avant de la troupe de
Gododdin,
Ses
hauts faits révélèrent son cœur
audacieux.
XIII
Un
homme vint à Catraeth au matin.
Il
buvait avidement l'hydromel à minuit.
Un
désastre, meilleur des compagnons,
Fut
son combat, tueur bouillonnant.
Ne
marcha sur Catraeth
Nul
héros dont le cœur
N'aspirait
autant à la fête,
Nul
de telle qualité
Ne
vint de la forteresse d'Eidin.
Il
obligea les ennemis à la fuite,
Tudfwlch
Hir, loin du foyer et du pays natal.
Il
tuait des Saxons au moins tous les huit jours.
Longtemps
son courage sera célébré,
Gardé
en mémoire par ses nobles compagnons.
Quand
Tudfwlch vivait, pilier de son peuple,
Carnage
des rangs de porteurs de lance, fils de Cilydd.
XIV
Un
homme vint à Catraeth à l'aube.
En
cercle contre lui un rempart de boucliers,
Vive
la presse de l'attaque, la prise du butin,
Sonore
comme le tonnerre le fracas des boucliers.
Valeureux,
prudent, héros,
Il
déchirait et perçait des pointes de sa lance,
Sanglante
boucherie de la lame,
Dans
la lutte, têtes sous l'acier sévère.
A
la cour ce pourfendeur se courbait humblement.
De
grandes armées se lamenteraient, en face d'Erthgl.
XV
De
la bataille de Catraeth le récit
Dit
les hommes tombés, longtemps pleurés.
Armées
ou hordes, ils combattaient pour leur pays
Avec
le fils de Godebawg, peuple sauvage.
Longs
cercueils pour les hommes trempés de sang.
Misérable
fut le sort, la réclamation du destin,
Alloué
à Tudfwlch et Cyfwlch Hir.
Pourtant
aux chandelles nous avions bu cet hydromel
éclatant,
Malgré
sa saveur agréable, longtemps détesté.
XVI
Premier
hors de la brillante forteresse d'Eidin,
De
loyaux hommes d'armes à son service.
Au
premier rang, sur des coussins, il faisait circuler
La
corne à boire dans son palais.
La
première vantardise qui se préparait était
sienne ;
Avant
tout il aimait l'or et la pourpre ;
Sous
lui le premier choix de coursiers racés à la belle
robe :
Avec
un cri ardent, son cœur noble les méritait.
Premier
à battre le rappel quand les rangs se
défaisaient,
Guide
sur le chemin, dernier à se retirer.
XVII
Champion
sur la ligne de front,
Soleil
dans la prairie :
Où
pourrait-on trouver
Seigneur
de Bretagne si glorieux ?
Gué
emporté par son assaut,
Bouclier
pour s'abriter.
Resplendissant
le seigneur
Dans
la grand-salle d'Eidin,
Magnifique
sa gloire.
Son
hydromel enivrait les hommes,
Il
buvait du vin de grand cru.
Un
moissonneur dans la guerre,
Il
buvait le vin doux.
L'esprit
tourné vers la bataille,
Il
moissonnait les épis de la bataille.
La
troupe éclatante du combat
Chantait
un chant de guerre
Préparée
au combat,
Axe
du combat,
Son
bouclier fut rendu bien mince
Par
les lances dans la lutte.
Les
compagnons étaient tombés
Dans
la tâche guerrière.
Effrayant
son cri de guerre,
Irréprochable
son action,
Envoûtante
sa frénésie,
Avant
que l'herbe ne couvre
Sa
tombe, Gwrfelling Fras.
XVIII
Ils
révéraient la loi.
Trois
lances teintes de sang
Cinquante,
cinq cents.
Trois
molosses, trois cents :
Trois
étalons de guerre
De
la riche Eidin,
Trois
compagnies vêtues de mailles,
Trois
rois aux colliers d'or.
Trois
sauvages étalons,
Trois
pairs dans la bataille,
Trois
sautant comme un seul,
Ils
écrasaient durement les ennemis,
Trois
dans un rude combat,
Trois
lions abattant les ennemis,
De
l'or dans le combat rapproché,
Trois
seigneurs parmi les hommes
Qui
vinrent de Bretagne,
Cynci
et Cynon,
Cynrein
d'Aeron.
Les
rusés du clan
De
Deifr demandèrent :
Les
Bretons ont-ils un homme
Meilleur
que Cynon,
Serpent
qui mord son ennemi ?
XIX
Dans
la grand-salle je bus vin et hydromel.
Nombreuses
étaient ses lances ;
Dans
la confrontation des hommes
Il
prépara un festin pour les aigles.
Quand
Cadwal chargea dans le vert de l'aube
Un
cri s'éleva là où il passait.
Il
aurait laissé les boucliers rompus, en fétus.
Des
lances inflexibles, ce tailleur
Les
aurait fendues dans la bataille,
Déchirant
les premiers rangs.
Le
fils de Sywno, un magicien l'avait prédit,
Donna
sa vie pour acquérir
Une
noble réputation.
Il
tranchait d'une lame acérée.
Il
tua tant Athrwys que Affrel.
Il
est avéré, il vivait pour l'assaut :
Il
modela les cadavres
Des
hommes braves dans la bataille,
Chargeant
à la tête du Gwynedd.
XX
Puisque
j'avais bu, je traversai la frontière, morne destin.
Il
n'est pas vain le cœur téméraire.
Plantureux,
le festin de lion que tu préparas,
Nombreuses
les lances hostiles en fuite.
Quand
tous reculaient, tu bondis à l'assaut.
Etait-ce
vin, le sang de ceux que tu blessais,
Pour
trois ans, pour quatre, vaste cave
Pour
ton intendant, que tu diminueras.
La
félicité céleste sur toi pour ton
intransigeance :
Très
célèbre était Breichiawl l'inébranlable.<
XXI
Des
hommes vinrent à Catraeth, ils étaient renommés.
Vin
et hydromel dans des coupes d'or, leur boisson,
Une
année de cérémonial noble.
Trois
cents et soixante-trois hommes aux torques d'or.
De
tous ceux qui s'élancèrent, après trop boire,
Seuls
trois revinrent libres par le courage dans la lutte,
Deux
chiens de guerre d'Aeron et du coriace Cynon,
Et
moi-même, trempé de sang, par égard pour mes
chants.
XXII
Mon
parent, mon ami, jamais vacillant
Hors
des banquets, dragon sauvage.
A
la cour il n'aurait jamais manqué d'hydromel.
Il
abattait tuile sur tuile de ses coups,
Impavide
dans le combat, impavide dans l'agitation.
Lorsqu'il
chargea à la frontière, grande était sa gloire,
Il
mérita son vin, guerrier au collier d'or.
Il
donnait libéralement, rangs brillants, noble héros,
Cent
hommes liges, seigneur gracieux.
Noble
sa nature, cavalier étranger,
Fils
unique de Cian, d'au-delà le Mont Bannawg.
Gododdin
ne saurait dire, après le combat,
Quand
reviendra un plus ardent que Llif.
XXIII
Armes
éparpillées,
Colonnes
fracassées, tenant tête.
Grande
dévastation,
Le
héros repoussa les Angles.
Il
ficha les flèches,
Dans
les premières lignes, dans le tumulte des lances.
Il
abaissa des hommes,
Rendit
des épouses veuves, avant de mourir.
Le
fils d'Hoywgi flamboya
Devant
les lances qui formaient rempart.
XXIV
Héros,
bouclier ferme sous son front tacheté,
Sa
foulée, d'un jeune étalon.
Il
y eut le vacarme du combat, il y eut des flammes,
Il
y eut des lances ardentes, il y eut le soleil,
Il
y eut nourriture de corbeaux, bénéfice de corbeaux.
Avant
qu'il ne soit perdu près du gué,
Comme
la rosée tombait, aigle plein de grâce,
La
vague roulant près de lui,
Les
bardes du monde l'estime grand de cœur.
Son
jeu guerrier dilapida ses forces ;
Exterminés
ses chefs et leurs hommes.
Avant
les funérailles près d'Eleirch
Fre,
il y avait de la valeur dans sa poitrine,
Son
sang ruissela sur son armure,
Intrépide
Buddfan fab Bleiddfan.
XXV
Un
tort de le laisser sans éloge, très vaillant,
Il
ne laissait pas une brèche hors de craintes.
Sa
cour ne laissait pas les bardes sans récompenses,
Il
gardait toujours mémoire du Nouvel An.
Sans
labours sa terre pourtant dévastée,
Combat
trop amer, puissant dragon.
Dragon
ensanglanté après un festin de vin,
Gwenabwy
fab Gwen combattit pour Catraeth.
XXVI
Vérité,
comme l'aurait dit Catlew,
Nul
cheval dressé ne pouvait rattraper Marchlew.
Il
plantait des lances dans le combat
Bondissant
sur son destrier, solidement harnaché,
Quoiqu'il
ne fût pas né pour porter des fardeaux.
A
sa place, sauvage, son coup d'épée.
Il
plantait flèches de frêne d'une main
Régulière,
chevauchant un étalon écumant.
Cher
seigneur, il partageait le vin, sans réserve ;
Il
taillait d'une lame acérée, teintée de sang.
Comme
le moissonneur moissonne quand la saison
vient,
Ainsi
Marchlew faisait ruisseler le sang d'abondance.
XXVII
Issac,
le plus honoré des hommes du Sud,
Comme
l'océan montant, sa course,
Affable
et généreux,
Courtois
en buvant l'hydromel.
Là
où il inhuma ses armes
Il
parla d'indemnité.
Sans
tache, pur, sans faute, impeccable.
Son
épée résonne à la mémoire des
mères.
Muraille
dans le combat, le fils de Gwydneu était loué.
XXVIII
Ceredig,
prisée sa renommée.
Il
prit et sauvegarda sa gloire.
Lionceau
choyé, paisible avant que son heure
Ne
vienne, brillant par sa courtoisie.
Qu'il
vienne, ami honoré du chant,
Au
pays céleste, foyer familier.
XXIX
Ceredig,
souverain prisé,
Un
héros déchaîné au combat,
Bouclier
incrusté d'or du champ de bataille,
Lances
réduites en éclats, en fétus,
Ni
humble, ni débile son coup d'épée,
Comme
un homme il maintint la ligne de front.
Avant
douleur mortelle, avant angoisse,
Ferme
dans sa résolution, il tint sa position.
Qu'il
soit bienvenu dans la communauté,
Réuni
avec la Trinité.
XXX
Lorsque
Caradawg chargeait dans la bataille,
Comme
un sanglier farouche, tueur de trois seigneurs,
Taureau
de la troupe guerrière, meurtrier dans la lutte,
Sa
main pourvoyait les loups en nourriture.
Je
jure ceci : Owain fab Eulad,
Et
Gwrien et Gwyn et Gwriad,
De
Catraeth, de la catastrophe,
De
Bryn Hyddwn avant sa chute,
Après
avoir tenu l'hydromel éclatant en main,
Pas
un seul ne vit son père.
XXXI
Les
hommes se lancèrent à l'assaut, avançant comme
un seul.
Brève
leur vie, enivrés de pur hydromel,
La
troupe de Mynyddawg, renommée au combat.
Pour
un festin d'hydromel ils donnèrent leur vie,
Caradawg
et Madawg, Pyll et Ieuan,
Gwgan
et Gwiawn, Gwyn et Cynfan,
Peredur
armé d'acier, Gwarddur et Aeddan,
Une
troupe guerrière intrépide au combat, boucliers
fracassés.
Et
bien qu'ils fussent massacrés, ils tuaient.
Pas
un seul ne retourna dans sa contrée.
XXXII
Les
hommes se lancèrent à l'assaut, comme un seul
nourris
De
miel toute une année, grand leur dessein.
Combien
triste leur récit, insatiable attente,
Amère
leur foyer, pas d'enfant pour le chérir.
Combien
long le chagrin après eux et le deuil,
Pour
ces hommes ardents des pays nourris de vin.
Gwlyged
de Gododdin, chaleureux dans son accueil,
Il
prépara le festin renommé de Mynyddawg,
Son
coût, la bataille de Catraeth.
XXXIII
Des
hommes vinrent à Catraeth avec un cri de guerre,
Destriers
rapides et noires armures et boucliers,
Des
lances, les hampes haut dressées et les pointes
acérées,
Et
des cottes de mailles étincelantes et des épées.
Il
ouvrait la marche, frayant le chemin à travers les
armées,
Cinq
compagnies tombèrent sous son épée.
Rhufawn
Hir offrait de l'or à l'autel,
Et
une riche récompense au barde.
XXXIV
Jamais
ne fut bâtie grand-salle si acclamée,
Si
puissante, si démesurée la tuerie.
Tu
méritas ton hydromel, Morien, torche lumineuse,
Nul
ne dit que Cynon ne laisserait pas de cadavres
après lui :
Un
lancier en armure au cri sonore,
Son
épée résonnait au sommet du rempart.
Pas
plus qu'un roc à large base ne s'ébranlerait
Il
ne serait ébranlé, Gwyd fils de Peilthan.
XXXV
Jamais
ne fut bâtie grand-salle si acclamée.
Hormis
pour Morien, autre Caradawg,
Venu
là pour le combat, noble son allure,
Personne
d'aussi redoutable que le fils de Fferawg.
Brave
dans la lutte, forteresse pour les effrayés,
Devant
la troupe de Gododdin, son écu
Fut
brisé, il resta ferme contre l'assaut.
Ce
jour de colère il était alerte, triste le coût.
Les
hommes de Mynyddawg méritèrent le don
d'hydromel.
XXXVI
Jamais
ne fut bâtie grand-salle si grandiose.
Il
n'y eut jamais de guerrier plus brave
Que
Cynon au bon cœur, seigneur paré de bijoux.
Il
était assis au haut bout de la table.
L'homme
qu'il frappait ne l'était plus.
Très
acérée sa lance,
Blanc
bouclier déchiré, il écrasait les armées.
Très
rapide son destrier, galopant en première ligne,
Ce
jour de colère l'épée de Cynon était
mortelle
Lorsqu'il
chargea dans le vert de l'aube.
XXXVII
Jamais
ne fut bâtie grand-salle si parfaite.
Si
généreux, fureur d'un lion géant,
Est
Cynon au bon cœur, seigneur si noble.
Forteresse
du combat, sur l'aile éloignée,
Porte
robuste de la troupe guerrière, la plus noble des
bénédictions.
De
tous ceux que j'ai vus et vois dans le monde
Maniant
les armes de guerre, le plus brave.
Il
tuait les ennemis avec une lame très acérée,
Comme
roseaux ils tombaient sous sa main.
Fils
de Clydno, longtemps je chanterai, seigneur, ton
éloge,
Eloge
sans fin, sans repos.
XXXVIII
Il
se rua au premier rang de la bataille.
Il
repoussa l'attaque, menant les hommes,
Seigneur
jouant de la lance, riant au combat.
Magique,
son courage, à l'égal d'Elffin,
Eithinyn
le renommé, mur du combat, taureau de la lutte.
XXXIX
Il
se rua au premier rang de la bataille.
En
échange de l'hydromel et du vin à la cour,
Il
plaça son épée entre deux armées,
Magnifique
cavalier devant Gododdin,
Eithinyn
le renommé, mur du combat, taureau de la lutte.
XL
Il
se rua au combat avant que le bétail ne s'éveille.
Tu
as la semblance d'un lion,
A
Gwanahon, pour l'hydromel, le plus grand courage,
Et
lent à tomber à terre, chef splendide,
Eithinyn
le renommé, fils de Boddw Adaf.
XLI
Hommes
excellents, ils nous quittèrent.
De
vin et d'hydromel ils furent nourris.
Par
le banquet de Mynyddawg
Je
suis accablé de douleur,
Par
la perte d'un guerrier :
Comme
les grondements du tonnerre
Résonnaient
les boucliers
Sous
les coups de l'épée d'Eitninyn.
XLII
Il
se rua au combat avant que le bétail ne s'éveille.
Une
troupe de guerre bien entraînée, boucliers en
lambeaux.
Bouclier
rompu avant que le troupeau de Beli ne meugle.
Un
seigneur plongé dans le sang, gardien du flanc,
Nous
soutient, grisonnant, contre un assaillant,
Un
destrier fringant, féroce bœuf au torque d'or.
Le
sanglier fit un pacte en première ligne,
Agréable
discours, cri de refus :
"
Seigneur qui nous appelle au ciel, sauve-nous ! "
Il
brandit ses lances pour le combat.
Cadfannan,
nom fameux pour son butin,
Nul
ne déniait que l'armée serait son pavage.
XLIII
Pour
un festin, le plus triste, le plus précieux,
Pour
l'effondrement, pour un pays dévasté,
Pour
la chute des cheveux d'une tête,
Parmi
les soldats, un aigle, Gwydyen.
Avec
sa lance il combattit pour Gwyddug,
Un
Organisateur, un laboureur, son maître.
Trois
sangliers hérissés, tournés vers la
destruction,
Morien
emporté avec sa lance,
Myrddin
des chants, donnant la meilleure
Part
de sa santé, notre force et soutien.
Remparts
résonnant, la troupe guerrière combattant
Avec
les Saxons , les Irlandais et les Pictes,
Il
porta le cadavre rougi, raidi, de Bradwen,
Main
habile, Gwenawy fab Gwen.
XLIV
Pour
un festin, le plus triste, le plus précieux,
Pour
l'effondrement, pour un pays dévasté,
Fracassés
les boucliers au combat.
Féroces
les coups d'épée sur la tête,
En
Angleterre des hommes tués par trois cents
seigneurs,
Son
gantelet faisait du bon travail
Contre
les Saxons, les Irlandais et les Pictes.
Comme
s'il prenait une peau de loup, sans une arme,
Toujours
brave, dans sa troupe réduite,
Dans
la bataille de colère et de ruine
Il
périt, Bradwen ne revint pas.
XLV
De
l'or sur le mur
Audacieux
l'assaut,
Offense
de ne pas forcer l'attaque.
Un
saxon abattu
Etait
nourriture pour les oiseaux,
Valeureux,
le cri de guerre.
Ceux
qui vivent parleront
Des
seigneurs des lanciers,
D'un
semblable à l'éclair.
Aucun
des vivants ne dira
Que
le jour de tuerie
Cynhafal
refusa son soutien.
XLVI
Quand
tu étais un fameux guerrier
Défendant
les champs de blé des montagnes,
De
droit nous étions connus comme des hommes de
qualité.
C'était
une porte solide, forteresse solide dans la défaite,
Accueillant
pour ceux qui imploraient son aide,
Forteresse
pour une armée qui se fiait à lui.
Là
où il se trouvait, était le Paradis.
XLVII
[...]
XLVIII
Je
ne suis seigneur lassé,
Je
ne me venge en vain,
Je
ne ris aucun rire,
Sous
des pieds de reptile,
Mes
jambes de tout leur long
Dans
une maison de terre,
Une
chaîne d'acier
A
chaque cheville,
A
cause de l'hydromel, de la trompe,
Des
cavaliers de Catraeth.
Moi,
pas moi, Aneirin,
Taliesin
le sait,
Maître
de l'art des mots,
J'ai
chanté pour Gododdin
Avant
que le jour ne blanchisse.
XLIX
La
vraie valeur du Nord un homme la possédait,
Cœur
aimable, naturel magnanime.
Nul
ne marche sur la Terre, nul mère n'a engendré,
Un
si juste, si fort, noir comme l'acier.
D'une
troupe guerrière sa brillante lame me sauva,
D'une
sinistre cellule de terre il me fit naître,
D'un
lieu de mort, d'une rude contrée,
Cenan
fab Llywarch, hardi, intrépide.
L
Nulle
honte ne venait de la cour
De
Senylt ni de ses coupes emplies d'hydromel.
Il
consacrait son épée à ses parents,
Il
consacrait ses courses à la guerre.
Il
porta des hommes maculés de sang dans ses bras
Devant
l'armée de Deifr et de Brennych.
L'allure
de sa cour : coursier rapide,
Lances
et noir équipement de guerre,
Longue
hampe brune dans sa main,
Et
impétueux dans sa colère,
Sourire
faisant place au reproche,
Maussade
et aimable tour à tour.
Personne
ne vit ses pieds s'enfuir,
Porteur
de coupe, protecteur de tous pays.
LI
[...]
LII
Ses
ennemis tremblaient devant sa lame,
Aigle
féroce, riant dans le combat.
Aigus
les bois de ses cerfs, plus aigu ses bois de cerf.
Des
doigts souillés écrasent une tête.
Variée
son humeur, affable, funeste,
Variée
son humeur, songeur, joyeux.
Avec
détermination Rhys marcha vers la colline du
combat,
Pas
comme ceux dont l'assaut peut hésiter.
Nul
ne peut échapper à ce qui s'abat sur lui.
LIII
Honteux
que le bouclier fût percé
De
Cynwal au bon cœur.
Honteux
ses cuisses reposant
Sur
un coursier aux longues jambes.
Noire
la brune hampe de sa lance,
Plus
noire sa selle.
Dans
son repaire un Saxon
Grignote
la jambe d'un
Bouc
: que rare soit
Le
butin de ses courses.
LIV
Cela
arriva vraiment, Addonwy, comme tu me l'avais
promis.
Ce
que Bradwen faisait, tu le faisais : tu massacrais, tu
brûlais.
Tu
ne faisais pas plus mal que Morien.
Tu
ne quittais ni les ailes éloignées, ni la ligne de
front :
Œil
sûr, ne cillant jamais,
Tu
ne vis pas la grande houle des cavaliers.
Ils
massacrèrent, ils n'épargnèrent pas les Saxons.
LV
[...]
LVI
Les
guerriers se levèrent ensemble, bien entraînés,
Pour
Catraeth, une troupe avide et rapide.
Une
vague bat, étincelante voyageuse,
Au
lieu où les nobles daguets sont assemblés :
Vous
ne pourriez voir une planche de la borne.
Une
valeur noble soumise à aucune pression
Morial
n'accepte pas la marque de la honte,
Féroce
lame, prête au carnage.
LVII
Les
guerriers se levèrent ensemble, bien entraînés,
Un
pays fort sera appelé à suivre.
Il
a abattu par flèche et par épée
A
coups de pied furieux chassé des hommes au combat.
LVIII
Les
guerriers se levèrent ensemble, formant les rangs.
Avec
une seule pensée ils attaquèrent.
Courte
leur vie, longtemps leurs parents les attendront.
Sept
fois leur compte d'Angles ils tuèrent :
Leur
lutte tourna des épouses en veuves ;
Nombreuses
mères aux paupières emplies de larmes.
LVIX
Pour
un festin de vin et d'hydromel
Ils
jurèrent de faire de grands ravages.
Digne
d'éloges pour ses paroles,
Il
fit devant la colline,
Devant
le versant de Buddugre,
Se
lever les corbeaux, levée d'un nuage.
Des
soldats tombaient
Sur
lui comme un essaim :
Pas
un mouvement de fuite.
Prévoyant,
très mobile,
Contre
les blancs coursiers une haie d'épée,
Contre
le mur un coup d'épée.
Premier
pour le festin, inlassable,
Dans
le sommeil aujourd'hui,
Le
fils de Rheiddun, seigneur du combat.
LX
A
cause d'un festin de vin et d'hydromel ils nous
quittèrent,
Hommes
en cottes de mailles, je connais la douleur de
la mort.
Avant
leurs cheveux gris vint leur meurtre.
Des
hommes de Mynyddawg, grand est le malheur,
De
trois cents, un seul homme retourna.
LXI
A
cause d'un festin de vin et d'hydromel ils chargèrent,
Hommes
fameux dans la bataille, sans souci de la vie.
En
rangs brillants autour des coupes, ils joignirent le
festin.
Vin,
hydromel et hâblerie, c'était leur lot.
Du
banquet de Mynyddawg, la douleur accable mon esprit,
Nombre
de mes compagnons j'ai perdu.
De
trois cents champions qui chargèrent à Catraeth,
C'est
tragique, mais un seul homme revint.
LXII
Tel
qu'il était lorsqu'ils se levèrent tous,
Comme
une balle rebondissante,
Tel
il a été jusqu'à son retour.
Tel
furent le vin et l'hydromel
De
Gododdin dans Eidin,
Impitoyable
dans la lutte, ferme dans le rang.
Et
sous Cadfannan un troupeau
De
rouges destriers, cavalier sauvage, à l'aube.
LXIII
Barrage
contre la horde de Deifr,
Serpent
à la piqûre redoutable,
Roc
inébranlable
Devant
l'armée,
Ours
terrifiant,
Tueur,
broyeur,
Il
marcha sur les lances
Quand
vint la bataille
Dans
une tranchée d'aulne.
L'héritier
du seigneur Nedig,
Sa
colère servit
Un
festin aux oiseaux
Dans
le vacarme du combat.
Tu
es à bon droit nommé, pour ton action féroce,
Le
premier seigneur, rempart de la troupe de guerre,
Merin
ap Madain, bénie ta naissance.
LXIV
Magnifique
le chant, une troupe de guerre était là,
Les
soldats encerclant Catraeth firent la guerre.
Mélange
de sang, piétiné et foulé.
Les
guerriers étaient piétinés,
Vengeance,
tribut de l'hydromel,
Et
cadavres, bien que le coût fut lourd.
Clipno
ne dira pas, après la bataille,
Bien
qu'il ait communié, qu'il a eu son dû.
LXV
Magnifique
le chant, noble troupe de guerre,
Grondement
du feu du tonnerre et du flot.
Courage
superbe, cavalier entraîné au combat,
Rouge
moissonneur, il avait faim du combat.
Combattant
ardent, partout où il entendait
Le
choc avec la horde de ce pays il chargeait,
Bouclier
contre bouclier. Il aurait levé une lance
Comme
un verre de vin pétillant. D'argent
Son
pot à hydromel : il méritait l'or.
Nourri
de vin était Gwaednerth fab Llywri.
LXVI
Magnifique
le chant, étincelantes troupes de guerre.
Avant
la venue de la ruine, verrou de la porte d'Aeron,
Les
aigles gris donnaient du prix à la main
Du
chef : il subvenait aux oiseaux de proie.
Pour
l'amitié de Mynyddawg, meneur d'hommes,
Il
se lança contre d'hostiles lances.
Devant
Catraeth, ardents étaient les hommes aux
torques d'or :
Ils
frappèrent, ils tuèrent ceux qui tenaient ferme.
Là
ils vinrent de leurs pays, rejetons de la guerre,
Là
ils se battirent mais rare, parmi les Bretons
De
Gododdin, un homme meilleur que Cynon.
LXVII
Magnifique
le chant, troupe de guerre bien entraînée.
Une
salle animée, il était généreux,
De
tous côtés il gagnait les éloges des bardes
Pour
l'or, les grands destriers et l'hydromel enivrant.
Mais
quand il vint pour la bataille ils louèrent
Cyndilig
d'Aeron, hommes éclaboussés de sang
LXVIII
Magnifique
le chant, étincelantes étaient les troupes de
guerre.
Dans
l'expédition de Mynyddawg, seigneur des hommes,
Et
de la fille d'Eudaf, la lutte de Gwananhon,
Là
s'en trouvait un vêtu de pourpre, pays d'hommes
écrasés.
LXVIX
Nul
couard n'aurait supporté le tumulte de la grand-salle.
Avant
le combat un combat anéantit
Ces
furieux comme un feu qui s'embrase.
Le
mardi ils revêtirent leur noire armure,
Le
mercredi, acerbe leur rencontre,
Le
jeudi, les conditions étaient acceptées,
Le
vendredi, mort d'hommes en petit nombre,
Le
samedi, sans peur, ils œuvrèrent comme un seul,
Le
dimanche, pourpres lames étaient leur lot,
Le
lundi, des hommes étaient trouvés poitrines noyées de sang.
Après
la défaite, le Gododdin dit,
A
son retour devant la tente de Madawg
Il
ne revint qu'un seul homme sur une centaine.
LXX
Tôt
il se leva, au point du jour,
Pour
un combat de lance devant le front.
Une
brèche, une percée flamboyante,
Comme
un sanglier il chargea la colline.
Il
était courtois, il était grave.
Féroces
étaient ses noires lances.
LXXI
Tôt
il se leva, aux matines.
Quand
les guerriers chargèrent en bande,
A
la tête, menant, poursuivant,
Avant
des centaines le premier à charger.
Il
était aussi impatient pour le massacre
Que
pour boire l'hydromel et le vin.
Si
féroce il était,
Il
massacra les ennemis,
Ithael,
hardi dans l'attaque.
LXXII
Il
plongea dans la fosse, tête la première,
Pas
un dessein dans sa tête intelligente.
Eclatante
sa gloire pour la tuerie sur le mur,
L'exploit
d'Owain, escalader le rempart,
Vigoureuse
sa lance avant sa chute,
Recherchant
la mort, chants de destruction.
Elégants
ses mouvements, offrir et affliger.
Mort
blafarde, la tâche de son gantelet,
Il
portait dans sa main, des cottes de mailles délestées.
De
son cercueil ne fut pas déversé
Un
butin royal en terre.
Glacée
et amère sa gloire, joues blafardes,
Beau
au jugement des femmes,
Maître
de destriers, pièges noirs et boucliers à l'éclat
de neige
Compagnon
dans le combat, escaladant, tombant.
LXXIII
Chef
de guerre, il mène au combat.
La
troupe guerrière du pays aimait la moisson féroce.
Sol
ensanglanté pour une tombe fraîche,
Equipement
de guerre pour son vêtement pourpre.
Piétinant
les armures, armure piétinée,
La
fatigue tombe comme la mort.
Les
lances éclatent quand commence le combat,
Pas
de voie claire pour le coup de lance.
LXXIV
J'ai
chanté noblement combien ravagées seraient
Vos
pièces et vos chambres.
Digne
de l'hydromel doux et envoûtant,
Un
assaut de champion à l'aube.
Butin
magnifique, une troupe de guerre angle
Il
affligea tant qu'il resta vivant.
Le
peuple de Gwynedd entendra dire sa gloire.
Gwananhon
sera sa tombe.
L'inébranlable
Cadafwy de Gwynedd,
Taureau
de la troupe guerrière dans un conflit de rois.
Avant
un lit de terre, avant le sommeil,
Une
tombe à la frontière de Gododdin.
LXXV
Il
se battit avec un ennemi féroce,
Assassin
noir, une troupe pirate.
Il
n'était pas caché, un hors-la-loi,
Il
n'était pas un ami aigre-doux.
De
gris destriers s'ébrouaient sous sa main.
Rien
ne fut abandonné de la terre de Pobddelw,
Il
n'abandonna, taureau de guerre, pas un acre,
Maintien
inébranlable, Llywyrddelw.
LXXVI
Ses
destriers de guerre portaient de sanglants pièges de
guerre,
Rouge
harde à Catraeth.
Blaenwydd
nourrit une armée de pur-sang bouillants,
Chien
de guerre courroucé chargeant le versant.
Le
renom, l'honneur éclatant, est nôtre.
De
la main d'Hedyn, l'acier est semé.
LXXVII
Un
seigneur de Gododdin est honoré,
Un
noble protecteur est pleuré.
A
Eidin, force du feu, il ne viendra pas.
Il
plaça ses hommes d'élite sur le front,
Formant
un mur avant la bataille.
Avec
une force brutale il mena l'assaut.
Puisqu'il
avait mangé et bu, lourd fardeau.
De
la troupe guerrière de Mynyddawg il ne revint
Qu'une
lame unique, amère, ruisselante.
LXXVIII
Avec
la perte de Moried, un bouclier manquait.
Ils
portèrent, ils honorèrent un héros.
Il
tenait des lames bleues dans ses mains,
De
lourdes lances présage de péril.
Sur
un cheval gris pommelé, courbant le cou,
Redoutable
la tuerie de ses lames.
Quand
il revient du combat, pas un homme à fuir,
Il
mérite l'éloge, l'hydromel doux et envoûtant.
LXXIX
[...]
LXXX
Chanceux,
triomphant, souple épine dorsale d'hommes
craintifs,
Sa
lame bleue repoussant les ennemis étrangers,
Robuste,
vigoureuse, puissante sa main,
Intrépide,
avisé, ils forcèrent contre lui.
Son
exploit, bondir
Contre
neuf champions,
Au
milieu des amis et ennemis,
Et
les défier.
J'aime
le siège triomphant qui est sien,
Cydillig
d'Aeron, audacieux héros.
LXXXI
J'ai
apprécié son attaque de front contre Catraeth
En
paiement de l'hydromel et du vin à la cour.
J'ai
apprécié son manque de mépris pour une lame
Avant
qu'il ne soit tué à cause de son maladroit Uffin.
J'ai
apprécié, éloge supplémentaire, son
concours au carnage.
Il
déposa son épée à la lisière de
la forêt.
Gwrlydr
dit devant Gododdin
Que
le fils de Ceidiaw excellait au combat.
LXXXII
Infortuné
je suis, ma vigueur consumée,
Portant
la souffrance de la mort dans la douleur,
Et
surtout, le lourd chagrin de voir
Nos
guerriers tombant, têtes sous les sabots.
Et
sans fin la douleur et le deuil
Pour
les soldats vaillants de nos campagnes,
Rhufawn et Gwgawn, Gwiawn et Gwlyged,
Aux
places les plus rudes, inébranlables sous la
poussée.
Que
leurs âmes soient, après le combat,
Bienvenues
aux célestes terres d'abondance.
LXXXIII
Il
repoussa l'attaque par des flots de sang.
Il
massacra comme un héros des rangs qui attendaient
fermement.
Vif
mouvement de la main, il avala un verre
D'hydromel,
avant que les rois ne lancent les armées.
Il
appela au combat là où beaucoup restaient
Muets
: bien que serré rudement, il ne céda pas
Avant
la ruée des haches et des épées acérées.
LXXXIV
Sa
valeur est connue,
Il
est proclamé à voix forte
Refuge
des troupes,
Refuge,
son épée,
Armée
à l'avant-garde,
Place
d'honneur
Au
jour du combat,
Cerné
dans la bataille.
Ils
étaient pleins de colère,
Ayant
été abreuvés
Et
buvant l'hydromel.
Aucun
salut
A
tenir au loin
La
ruée puissante des ennemis.
Quand
le dit est dit,
Rompue
la charge
Des
destriers et des soldats,
Destin
résolu des hommes.
LXXXV
Quand
une foule de pensées
M'assaille,
esprit mélancolique,
Mon
souffle défaille
Comme
à la course, alors je pleure.
Un
être cher je déplore,
Un
être cher que j'aimais, noble cerf,
Douleur
pour l'homme
Qui
fut un jour dans les rangs d'Argoed.
Il
se donna entier
Pour
ses compatriotes, pour l'amour d'un prince,
Pour
des bois taillés grossièrement,
Pour
un flot de douleur, pour les festins.
Entouré
d'amis il nous mena à un feu ardent,
A
des sièges de blanches peaux à du vin pétillant.
Gereint
venu du Sud poussa le cri de guerre,
Lumineux
et loyal, noble était son visage,
Seigneur
de la lance généreux, seigneur digne d'éloges,
Si
gracieux, je connais bien sa nature,
Je
connaissais bien Gereint : bienveillant et noble.
LXXXVI
Eloge
sincère d'un héros,
Ancre
inébranlable dans le combat.
Aigle
puissant des hommes pleins de colère,
Soutenant
le choc de l'assaut, Eldef brillait vivement.
Il
mena la charge sur des étalons rapides
Dans
la bataille, lionceau nourri de coupes de vin.
Avant
une tombe fraîche, les joues se décolorèrent,
Il
était fait pour les festins riches en hydromel éclatant.
LXXXVII
Incessante
la montée du flot sur chaque rivage :
Pour
Hafal, la même abondance.
Déchiré
la face de son bouclier,
Impulsif,
coléreux,
Gardien
de Rhywoniawg.
Une
fois de plus furent vus sur les rives d'Aled
Des
chevaux de guerre aux harnais sanglants.
Qu'ils
soient inébranlables,
Que
leurs talents soient grands,
Combattants
féroces
Quand
ils sont en fureur.
Sévère
dans la lutte, il a taillé de l'épée :
De
profondes cicatrices de guerre une centaine
Les
porteront. Il eût écrit un chant pour le Nouvel An ;
Là
s'avance vers le jeune homme sans défaut,
Là
s'avance vers le sanglier altier,
Même
une jeune fille, vierge et reine.
Et
puisqu'il était fils d'un roi juste,
Seigneur
de Gwynedd, du sang de Cylydd Gwaredawg,
Avant
que la terre ne couvre ses joues,
Bienfaisant,
prudent, sans crainte,
Prompt
en présent et en éloge.
Une
tombe garde Garthwys Hir de Rhywoniawg.
LXXXVIII
[...]
LXXXIX
La
tristesse vient sur moi, non désirée,
Il
n'en viendra jamais de plus grande :
Jamais
ne fut nourri à la cour un plus brave
Que
lui, ni un plus ferme dans le combat.
A
Rhyd Benclwyd ses destriers étaient éminents,
Sa
réputation s'étendait loin, un crible son bouclier.
Avant
que Gwair Hir fût sous le gazon,
Il
méritait les cornes d'hydromel, fils unique de
FferFarch.
XC
Trois
cents hommes aux torques d'or attaquèrent :
La
lutte pour le pays était farouche.
Bien
qu'ils fussent massacrés, ils tuèrent,
Jusqu'à
la fin du monde, ils seront honorés.
Des
compagnons qui allèrent ensemble,
Tragique,
mais un seul homme retourna.
XCI
Trois
cents, aux torques d'or,
Guerriers,
bien entraînés,
Trois
cents, altiers, en accord, armés,
Trois
cents destriers bouillants
Les
menèrent au combat.
Trois
chiens, trois cents :
Tragique,
pas de retour.
XCII
Féroce
dans la guerre, tenace dans la détresse,
Dans
le combat il n'aurait fait aucune trêve.
Le
jour de colère il n'a pas évité la lutte,
Bleiddig
mab Eli avait la fureur d'un sanglier.
Il
lampait le vin dans des coupes de verre.
Le
jour de la lutte il réalisa un exploit
Sur
un étalon blanc avant de mourir :
Cadavres
pourpres laissés derrière lui.
XCIII
Bouclier
jetant du feu, il ne s'inclinait devant personne,
Il
apaisa sa soif de gloire.
Apre
réclamation, destriers au cœur du combat,
Ils
plantaient des lances, ennemis maculés de sang.
Quand
mes compagnons étaient frappés, il frappait les
autres :
Il
n'aurait supporté aucun déshonneur.
Il
resta ferme sur le gué : il était fier
Quand
sienne était la part du héros à la cour.
XCIV
Divin
havre du ciel, terre longtemps désirée,
Pauvre
de nous, pour ce chagrin affligé et sans fin.
Quand
les seigneurs vinrent de Din Eidin,
Une
armée d'hommes d'élite de chaque région,
En
lutte contre les Angles, magnifique armée,
Neuf
compagnies pour un homme par toit,
Multitude
de destriers, d'armure et de vêtements de soie,
Gwaednerth
se défendit dans la bataille.
XCV
La
troupe de Gododdin sur des monts couverts broussailles,
Destriers
de la couleur des cygnes, harnachement
complet,
Combattant
pour les richesses d'Eidin et l'hydromel.
Aux
ordres de Mynyddawg
Les
boucliers furent réduits en morceaux,
Les
lames d'épées abattues
Sur
des joues blêmes.
Ils
aimaient le combat, large rangée à l'attaque :
Ils
ne supportaient nulle honte, hommes qui restaient
inflexibles.
XCVI
J'ai
bu quantité d'hydromel à mon tour,
Nourri
de vin avant Catraeth, d'un seul trait.
Quand
il massacrait de l'épée, inébranlable,
Ce
n'était pas un triste spectacle son combat.
Il
n'était pas misérable, protection contre les spectres,
Funeste
porte-bouclier, Madawg Elfed.
XCVII
Quand
la mêlée survint,
Sa
vie ne fut pas épargnée,
Vengeur
d'Arfon.
Ils
chargèrent, gemmes dorées,
Breton
intraitable,
Les
chevaux rapides de Cynon.
XCVIII
Qui
vint en tant qu'héritier
Quand
Heinif manqua ?
Un
au-dessus de la masse,
Du
plus noble nom,
Il
en abattit beaucoup
Par
amour de la gloire.
Il
tua, le fils de Nwython,
Aux
colliers d'or,
Une
centaine de princes
Pour
se gagner les éloges.
Le
meilleur quand il vint
Avec
les hommes à Catraeth,
Nourri
de vin,
Large
sa panse,
Homme
grisonnant, déterminé,
Cotte
de mailles de large envergure,
Féroce
et vif
Sur
son étalon.
Là,
armé pour le combat,
Prestes
sa lance et son bouclier,
Son
épée et sa dague,
Pas
de meilleur homme
Que
Heinif fab Nwython.
XCIX
Par
delà la mer de Iudeu*, hardi au combat, [le Firth of Forth]
Trois
fois aussi féroce qu'un féroce lion,
Bubon
ouvragé, irrésistible dans la colère.
C
Sa
nature : sur un destrier rapide
Combattre
pour Gododdin
Menant
des hommes qui aiment la guerre ;
Sa
nature : il était comme un jeune cerf leste ;
Sa
nature : contre l'armée de Deifr il chargea ;
Sa
nature : fils de Galystan, sans être le seigneur,
Quand
il parlait son père écoutait ;
Sa
nature : pour l'amour de Mynyddawg, boucliers
rompus ;
Sa
nature : une lance rouge devant le seigneur d'Eidin.
CI
J'ai
vu sa lame dans un essaim
Combattant
un ennemi féroce.
Au
vacarme des boucliers des hommes tremblèrent.
Ils
fuirent devant les troupes d'Eidin, innombrables.
Ceux
que sa main trouvait
Ne
lui échappaient guère.
Un
cierge pour lui, un chant.
Opiniâtre,
bouclier déformé,
S'il
était assailli, il assaillait.
Il
poignardait une seule fois.
Il
poignardait, il était poignardé.
Souvent
après un festin
Son
don à l'étranger.
Il
était inflexible au combat.
Et
avant d'être couvert de mottes de terre
Edar
gagna le droit de boire l'hydromel.
CII
Il
frappa plus que trois cents, le plus audacieux,
Il
faucha le centre et les ailes éloignées.
Il
se montra digne, menant de nobles hommes ;
Il
donna des destriers de son troupeau pour l'hiver.
Il
apporta de noirs corbeaux aux murs
De
la citadelle, quoiqu'il ne fût pas Arthur.
Il
fit de sa force un abri,
Rempart
sur le front, Gwawrddur.
CIII
Sa
main donna un banquet aux oiseaux,
Je
le loue, un homme qui ne recule pas,
Un
homme féroce, un dépeceur.
Son
vêtement était d'or
Sur
la ligne de front,
Dans
le choc impitoyable d'hommes inébranlables.
La
lutte de l'échanson aux taches de rousseur,
La
troisième des plus terribles,
Epouvante
dans l'assaut,
Poursuite
dans la lutte,
Féroce
hurleur de la troupe guerrière,
Premier
d'une longue lignée,
Glorieux
était Cipno fab Gwengad.
Copyright 1998 Erik Stohellou
Sources : Joseph Clancy, The earliest Welsh poetry
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